2010-01 Gérard Hutt |
|
|
Tropes et distorsions
La question du doute
Peintures, dessins, volumes
Du 14 janvier au 12 février 2010
Vernissage, jeudi 14 janvier à 18h30 / espace d'art du Centre Jacques Brel
Une exposition qui explore des territoires connus de tous, mais avec une certaine interprétation du “taux de distorsion”, celui qui distancie le réel d’une actualité telle que nous la représentent les médias. C’est cet écart, façonné lors de la création de l’œuvre, qui est l’enjeu de cette exposition. Peintures, dessins et autres pièces relatent une histoire, celle de la confrontation entre la réalité et l’espace poétique d’une oeuvre. Fracas, rictus et tensions questionnent ainsi le visiteur sur son rôle, dans une société à l’aquoibonisme confiant. Ils sont ici les témoignages d’un monde en perpétuelle recherche d’équilibre, mais toujours en appui sur le socle instable de l’ambition et des rêves de pouvoir de l'homme. Selon Nicolas Sarrasin 1, les causes de distorsions cognitives sont provoquées par un traitement incorrect de l’information. Des pensées nous mènent à des conclusions fausses et négatives dirigées contre nous-mêmes ou contre les autres. Ces conclusions forment nos croyances, qui fondent nos comportements, dont les distorsions se ramifient jusque dans les moindres recoins de notre existence. Les peintures, dessins et les divers autres objets que présente Gérard Hutt expriment ces perceptions et exagèrent volontairement, de manière presque caricaturale, ces distorsions perceptives selon diverses techniques. Ainsi les contorsions graphiques évoquent-elles les torsions et les grimaces que le pouvoir produit tout au long de son existence. 

Flux Côtes d'Armor Lovely
Tropes¹
Les peintures et dessins représentent des « fragments » de moments extraits de manière très schématisée d’évènements interprétés par diverses sources médiatiques. « C’est une façon d’observer le monde et de le repenser, de manière critique, avec la liberté que l’artiste s’accorde du haut de son art ». Créer aujourd’hui ne peut se faire qu’avec la conscience du réel, qu’il soit médiatisé ou perçu de manière subjective en échos aux sentiments éprouvés dans l’instant. C’est à l’artiste d’agir et de réagir aux flux de l’information, et en réplique à tout ce fatras, d’exploiter sa sensibilité et son savoir-faire.
(1) Terme de rhétorique. Expression employée dans un sens figuré. Cent voiles pour dire cent vaisseaux, est un trope. Nom masculin. Dans la musique antique et le haut moyen âge, synonyme de ton de transposition, ou de ton d'une façon absolue. Pièce liturgique formée par l'intercalation de paroles et de notes nouvelles dans le cours d'une mélodie et d'un texte préexistants. Les tropes furent en grande faveur pendant les IXe-XIe s. On en forma des livres entiers appelés tropaires. Tous les chants de l'Ordinaire de la messe furent ornés de tropes qui en paraphrasaient le texte et qui en allongeaient la mélodie. Certains restèrent en usage jusqu'au XVIIIe s. On peut citer un exemple moderne d'intercalation analogue aux tropes dans la Messe de Sainte-Cécile de Gounod (1855). Dans l'Agnus Dei, le ténor introduit les paroles Domine, non sum dignus, etc., qui sont reprises par le soprano après le second Agnus. Bien qu'admirée et vantée par Saint-Saëns, cette intercalation est extra-liturgique.
Gérard Hutt est professeur à l’Ecole Supérieure d’Art de Metz Métropole et expérimente les champs de la création depuis plus d’une trentaine d’années. C'est la première fois qu'il s'engage à exposer ses oeuvres au Centre Jacques de Thionville.

