2009-11 Arno Mulot

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Du 19 novembre au 12 décembre 2009
Vernissage, jeudi 19 novembre à 18h30

 Peintre Thionvillois

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 Arno Mulot crève la face comme on crève de rage et de vie, et la traverse pour s’approcher au plus près de la face ultime, celle qui envahit nos grandes failles, et qui pourrait disparaître, chargée d’outrance et de ténèbres, dans la nuit immense. Le sacrilège n’est jamais loin, et le sacrifice ne cesse de roder dans la béance infracassable de nos détresses.

La face s’emplit des lourds caillots du monde, elle assemble à découvert toutes les crues d’un visage innombrable, quand tous les visages souffrent de n’exister qu’en passant… Arno Mulot étreint la peine capitale, quand l’homme abandonne ses peines quotidiennes pour la triste sécurité des désastres, et des traînées de corps, en pluies verticales, tombent dans le vide éternel de l’univers.

Arno Mulot saccage l’accompli pour habiter une demeure plus haute et plus exigeante, là tout est à vif, loin des bienséances charnelles, et des fioritures de la peau. L’artiste est de la race des extrêmes, et quand il brouille les frontières entre le tragique et le sacré, on voit de sourdes prières, d’abîme et de sang.

La face est une cible inouïe, et le corps un horizon cruel. Est artiste celui qui repousse les frontières du déjà-dit et du déjà-montré. Arno Mulot rejette toutes les séductions chromatiques, et par ses effarantes brûlures de vérité, il incarne la face insensée des plus dures blessures. Peintre des grands fonds, il broie les apparences, il enlève la croûte des surfaces.

L’art saigne, en ses profondeurs de mort-vie. Arno Mulot troue le corps d’apparat, et ses couleurs de linceul. Un regard brûlé surgit des lointains et vient détruire le sac de peau. Tout se désagrège, sauf l’œil, immobile et absolu, qui sait étreindre la fragilité stupéfiée du spectateur.

Les œuvres d’Arno Mulot sont de terribles miroirs opaques, aveugles et déchirants, comme s’il arrachait, sans l’anesthésie du confort esthétique, le centre de gravité de l’existence mise à nu. Lourde et comme torturée, la face s’avance, elle entre en plein regard, implacable comme l’enfer. Le corps, éphémère blessure d’infini, s’écrase en lui-même.

Christian Noorbergen


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Du mardi au dimanche de 14h à 18h