2009-06 Samuel François

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Exposition "NEU!"
Dessin - photographie - wall-painting - vidéo - sculpture
du 5 au 24 juin 2009

Samuel François, lauréat 2005 de la bourse de résidence à Berlin du Conseil Général de la Moselle, fait un arrêt à Thionville et propose une sélection d'oeuvres récentes. "Neu!" combine wall-painting, photos, dessins, vidéos et sculptures. Comme ce signe anarchie bêtement dessiné à l’aide d’un hola hoop, d'une paire de bananes et d’une paire de flèches, l’artiste ne s’impose aucune règle de conduite. Portraits dessinés aux feutres d’enfant, collages surréalistes et vidéos empruntées à YouTube se mélangent joyeusement et constituent une mythologie faussement naïve. Artificier des couleurs, il n’hésite pourtant pas à abandonner l’effet pour dévoiler l’envers du décor. Derrière ses frasques et ses éclats, Samuel François pratique un art de la désillusion plus mélancolique qu’il n’y parait.


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Ouvert du mardi au dimanche de 14h00 à 18h00.
Chemins de la Culture et visites découvertes de 9h30 à 11h30, sur rendez-vous.

 


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Samuel François fait ses premières armes en intervenant de manière brute sur l’espace urbain. Il est devenu le témoin des mutations culturelles liées à l’espace urbain. Ses productions en questionnent les représentations, codes et règles. Elles se traduisent à l’aide de différents médiums et prennent corps sous la forme d’innombrables supports, principalement par le biais d’installations, qui mélangent habilement objets et peintures. Joyeux manipulateur de symboles, son but est avant tout de prôner un art éphémère dont la spontanéité et la désacralisation des images sont les fondements de l’oeuvre. Dans la plupart de ses travaux, Samuel questionne la place du décoratif, aujourd’hui massivement décliné dans notre société, celle-ci incluant la création contemporaine. Il y établit un ensemble formel ludique où la décoration peut être perçue comme une part fondamentale de l’œuvre. Il s’approprie ainsi ce constat simple: le graffiti, tel qu’il l’a pratiqué à ses débuts dans l’espace urbain, est un élément décoratif à part entière pour le public non-initié. Le graff devient alors un ensemble purement esthétique dénué de sa fonction première: celle de la signature, du nom pour le nom, qui s’approprie un territoire donné.

Ses références sont multiples, autant pour les sujets : amis, animaux, objets; que pour les formes : bandes, patterns divers, couleurs... majoritairement issus de l’architecture et du textile. Le plasticien assure fonctionner davantage à l’image qu’au sens, sans pour autant délaisser ce dernier. Il aime court-circuiter ses habitudes en s’autorisant l’accident. La spontanéité fait partie intégrante du résultat final, à l’image de la trace inconsciente laissée par une population sur son environnement. Il s’agit alors de ne pas se répéter, quitte à brouiller les pistes. En proposant des installations réfléchies pour les espaces qui les accueillent, Samuel François sort d’un carcan rigide qui voudrait imposer un autographe stylistique -une représentation schématisée- au détriment de la créativité. Et c’est paradoxalement là que son œuvre trouve son identité, celle d’un magma en perpétuel bouillonnement, prêt à cracher ces aplats de peinture.

C’est en alignant son rythme à celui de la ville que l’artiste se renouvelle. Ici, il sème des boules de papier colorées à la manière de graffiti disposés le long des murs. Là, il sort du territoire urbain pour s’attaquer au rural : là où la cité s’épuise de vitesse, la campagne fait preuve d’une pesanteur créative, à l’image de ses poteaux champêtres rayés de peinture, supports tout trouvés pour la flore. Ou comment réinventer le motif camouflage. Samuel François aime jouer, et ne se prend pas au sérieux : qu’il s’agisse de parties de cache-cache (lorsqu’il installe une paire de jambes, les pieds en l’air, surgissant de terre) ou lorsqu’il disperse des flaques de produits détergents, s’amusant des reflets multicolores des liquides... C’est certainement cet aspect ludique et naïf, pour ne pas dire enfantin -il raffole du feutre-, qui séduit autant le spectateur. De l’espace urbain à la galerie, en se perdant par les bois, laissez-vous prendre au jeu de la couleur.

 

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L’espace urbain comme interrogation et comme plaine de jeu ou l’objectivité du monde et la subjectivité de l’artiste. Installations, peintures, photographies, il est facile de saisir l’univers de Samuel François. Il met en évidence le fait que dans notre perception individuelle du monde, nous passons de la manipulation enfantine à leur visualisation dans un espace de lumière et de profondeur pour apprendre la modification de leur apparence. Le regard de Samuel François est en perpétuel état de vigilance, face aux installations et aux photographies on ne sait plus ce qui est du domaine de l’art et ce qui est du domaine de la réalité : les cartes sont battues, brouillées. (...)
Il nous invite à réfléchir sur l’indifférence du monde. Un monde plein de couleurs vives, d’objets quotidiens et de représentation qui nous pousse à nous interroger sur les circonstances de l’échec de ce monde. Que se cache-t-il sous ce monde et ses illusions. Des jambes dépassant de ballons colorés, arbres à motifs, des ballons de baskets avec arbres, simley dans le métro, autant de métaphores de notre monde. Samuel François revendique une partie de son héritage qui relève du domaine de la culture et de l’histoire des masses médias.

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www.samuelfrancois.com